"Le passe, c'est passé." "Arrête de ressasser." "Regarde devant toi." "L'important c'est maintenant."
Ces phrases, vous les avez entendues. Peut-être que vous vous les dites vous-même, comme une injonction qui revient chaque fois que votre pensée dérive vers hier, vers il y a dix ans, vers ce moment que vous n'arrivez pas à laisser derrière vous.
Comme si le passé était une pièce dont il fallait garder la porte fermée. Un territoire dangereux. Une distraction dont il faudrait se méfier.
Je ne suis pas d'accord. Non pas parce que ressasser est une bonne idée, ni parce qu'il faudrait vivre la tête tournée en arrière. Mais parce que l'idée que le passé n'a plus d'importance, qu'il faut s'en couper pour avancer, repose sur une confusion fondamentale. Et cette confusion, je la vois très souvent en cabinet chez des personnes qui essaient de ne plus regarder en arrière, qui porte leur passé comme un fardeau parfois bien trop lourd.
1. L'injonction du "regard vers l'avenir" et ses limites
Nous vivons dans une époque qui valorise le mouvement, l’innovation, le renouveau, le "meilleur vous-même". On vous dit d'être dans le présent, de vous projeter dans le futur, de construire, d'avoir des projets. Et tout ce qui s’apparente au passé est suspect : c’est de la nostalgie, de la rumination, de l'incapacité à avancer.
C’est une vision bien tranchée qui génère de la culpabilité et qui réduit le passé à quelque chose de négatif qui empêche d’avancer.
Or, cette vision confond deux choses très différentes : s'accrocher au passé et s'appuyer sur lui. Elle confond la prison et la bibliothèque.
S'accrocher au passé, c'est rester bloqué dans une pièce dont on ne trouve plus la sortie. Rejouer en boucle ce qui s'est passé. Se punir de ce qu'on a fait ou de ce qu'on n'a pas fait. Attendre une réparation qui ne viendra peut-être jamais.
Laisser une blessure d'hier dicter les choix d'aujourd'hui sans même s'en rendre compte. Ça, oui, ça immobilise, ça plombe, ça épuise.
Mais s'appuyer sur le passé, c'est autre dynamique qui le place comme un champ d’expériences presque inépuisable et porteur.
2. La bibliothèque intérieure
J'aime l'image d'une bibliothèque.
Votre passé n'est pas une pièce fermée à double tour qu'il faudrait fuir ou oublier. C'est une bibliothèque immense, riche, complexe, parfois poussiéreuse, dans laquelle vous pouvez venir flâner quand vous en avez besoin. Ouvrir un album photo, feuilleter un souvenir heureux, relire une période de votre vie pour en comprendre mieux le sens aujourd'hui.
Il y a dans cette bibliothèque des livres que vous connaissez par coeur, des souvenirs qui vous nourrissent, des expériences dont vous avez tiré des forces, des moments qui vous ont appris quelque chose d'essentiel sur vous-même. Des réussites dont vous vous souvenez à peine parce que vous n'avez pas l'habitude de les garder au premier plan.
Et puis il y a d'autres livres. Des livres dont la couverture suffit à vous serrer le ventre. Des chapitres que vous n'êtes pas encore prêt(e) à rouvrir. Des pages que vous avez peut-être à peine lues avant de les refermer précipitamment.
Ces livres-là font partie de votre bibliothèque aussi. Ils ont leur place. Ils n'ont pas besoin d'être brûlés ni relus tous les jours. Ils peuvent rester fermés, pour le moment, en attendant que vous ayez les ressources pour les aborder différemment, si vous en éprouvez un jour le besoin.
Une bibliothèque ne doit pas s'imposer. On y vient librement, on choisit ce qu'on prend, on repose ce qui est trop lourd. Et parfois, on découvre en rangeant un livre qu'on croyait douloureux qu'il contient aussi quelque chose d'incroyablement précieux.
3. Regarder son passé comme dans le rétroviseur, sans s'y perdre
Il y a une règle fondamentale en conduite : le rétroviseur est indispensable, mais on ne conduit pas en le fixant.
Le passé fonctionne de la même façon.
Jeter un coup d'oeil en arrière permet de voir le chemin parcouru. Et ce chemin est souvent bien plus long, bien plus riche, bien plus courageux qu'on ne le croit, parce qu'on a tendance à oublier d'où on part pour ne regarder que là où on n'est pas encore arrivé.
Combien de fois avez-vous traversé quelque chose qui vous semblait insurmontable ? Combien de fois avez-vous changé, grandi, résisté, rebondi, sans vraiment vous en accorder le crédit ?
Le rétroviseur permet de voir ça :
- De mesurer l'écart entre qui vous étiez et qui vous êtes.
- De reconnaître la force qui était là, qui est toujours là.
- De Se réajuster aussi.
Parce qu'un regard honnête en arrière révèle parfois des schémas, des comportements qu'on répète, des chemins qu'on emprunte encore et encore sans vraiment savoir pourquoi.
Ces patterns ne sont pas des condamnations. Ce sont des informations. Et une information, ça peut changer quelque chose.
Martine est arrivée en cabinet avec une phrase simple : "je veux tourner la page." Elle voulait ne plus penser à sa séparation, ne plus parler de son ex-mari, ne plus laisser cette période de sa vie occuper le moindre espace. Au fil des séances, quelque chose s'est produit. En acceptant de rouvrir doucement certains chapitres, non pas pour les revivre, mais pour les regarder différemment, elle a commencé à y trouver des choses qu'elle n'avait pas vues. Sa capacité à tenir debout seule. La façon dont elle avait protégé ses enfants. Le courage qu'il avait fallu pour partir. Elle ne "tournait" plus la page. Elle la lisait, enfin. Et cette lecture l'a libérée bien plus que l'oubli ne l'aurait fait.
4. "Je ne regrette rien" ce que ça veut vraiment dire
Cette phrase, souvent citée comme un idéal de légèreté ou d'insouciance, dit en réalité quelque chose de beaucoup plus profond.
Ne rien regretter, ce n'est pas effacer. Ce n'est pas prétendre que tout s'est bien passé, que les erreurs n'en étaient pas, que les blessures n'ont pas fait mal. Ce serait du déni et le déni ne libère personne.
Ne rien regretter, c'est accepter. Accepter que les choses se sont déroulées comme elles se sont déroulées, avec leurs parts d'ombre, leurs maladresses, leurs douleurs et que tout cela, ensemble, a contribué à faire de vous ce que vous êtes aujourd'hui.
Ce n'est pas de la résignation. C'est une forme de paix active. La reconnaissance que rien de ce qui s'est passé n'a été complètement inutile, pas même ce qu'on aurait voulu éviter :
L'échec qui vous a appris vos limites. La relation qui vous a montré ce dont vous aviez besoin. L'erreur professionnelle qui a redirigé votre trajectoire. La période difficile qui vous a révélé des ressources que vous ne soupçonniez pas.
Tout cela est dans votre bibliothèque. Et tout cela vous appartient.
5. Ce que la sophrologie apporte à cette relation au passé
La sophrologie ne travaille pas sur le passé comme une thérapie analytique. Elle n'est pas là pour fouiller, démonter ou reconstituer votre histoire pièce par pièce.
Mais elle fait quelque chose de précieux : elle vous aide à changer votre regard, à aller puiser dans votre passé des éléments, des ressources.
En travaillant sur la conscience corporelle et l'état sophroliminal, cet espace entre veille et sommeil où les défenses habituelles s'assouplissent, la sophrologie permet d'accéder à une forme de recul. Une distance qui n'est pas de la froideur ni de l'indifférence, mais une capacité à regarder ce qui s'est passé sans en être submergé. La sophrologie vous permet de devenir observateur(trice), spectateur(trice) de la scène, du souvenir revisité.
Elle travaille aussi sur les ressources. Pas en ignorant ce qui a été difficile, mais en allant chercher dans votre bibliothèque intérieure ce qui est déjà là : les forces, les apprentissages, les moments de fierté enfouis, les preuves que vous avez déjà traversé des tempêtes.
Et elle ouvre vers le futur. Parce qu'une fois qu'on a regardé honnêtement derrière soi, sans ressasser, pour comprendre et intégrer, on avance différemment. Plus ancré(e), plus libre, avec une boussole qui est vraiment la sienne.
Le passé cesse d'être un poids qu'on traîne ou une pièce qu'on fuit. Il devient ce qu'il est vraiment : des racines ancrées, solides pour aller plus loin.
6. La question qui change tout
Il y a une question que je pose parfois en séance, et qui ouvre souvent des espaces insoupçonnés.
Non pas : "qu'est-ce que vous voudriez oublier ?"
Mais : "qu'est-ce que vous avez appris de vous, sur vous, que vous n'auriez pas appris autrement ?"
Cette question ne minimise rien. Elle ne dit pas non plus que ça valait la peine de souffrir. Elle dit simplement : vous avez survécu à ça, traversé ça, et quelque chose en vous en sait plus aujourd'hui qu'avant.
Le passé devient ressource. Il ne s'agit pas de souvenirs qu'on idéalise, ni d'une douleur qu'on glorifie mais une expérience qu'on intègre, qu'on digère, et dont on choisit de garder ce qui nourrit plutôt que ce qui pèse.
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Caroline Couder, sophrologue certifiée RNCP depuis 2011 - Cabinet Happy New Life, Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) - happynewlife.fr